Le Moi Futur

Par Christian VANHENTEN
texte original 1997 revu en 2003

Introduction

le procédé

commentaire

applications

 

Introduction

Nous vivons dans le présent. Mais celui-ci est souvent parasité par notre passé ou obscurci par une vision noire ou floue de notre passé.

C’est en traversant une période difficile de ma vie que m’est venue l’idée de cette personne qui s’est avérée être une incroyable ressource. La PNL enseigne des modèles faisant appel à des mentors. Ces mentors sont des personnes de référence, des exemples qui nous motivent ou nous inspirent.

Le moi futur est un modèle qui embrasse celui des mentors et l’élargit pour en faire un instrument puissant de motivation d’aide à la décision et de ressource pour les présents difficiles.

Le procédé

1) créer votre moi-futur

Le moi futur c’est vous dans le futur, dans quelques années, dans quelques jours, dans quelques semaines.

Choisissez une date bien précise par exemple le 15 juillet de telle année. Si vous êtes quelqu’un de précis précisez également l’heure voire la minute.

Prenez le temps de créer le moi-futur correspondant à vous à la date que vous avez choisie. Personnifiez-le. Concrétisez-le. Comment-est-il (elle) ? Quel est son ton de voix ? Comment est-il(elle) habillé, etc. Votre moi futur doit devenir une vraie personne.

Ce qui vous différencie est un espace-temps. Le temps est ici l’élément séparateur, mais il joue un rôle équivalent à l’espace : nous sommes séparés de notre moi-futur comme d’un ami, d’un frère ou d’une soeur qui serait à l’étranger.

2) Définir le rendez-vous

Un point essentiel : cette séparation n’est que provisoire. Prenez conscience de la certitude que avez de retrouver ce moi-futur à la date que vous avez fixée dans le futur. Votre moi-futur a un âge.

Il s’agit donc de fixer ce moi-futur à cette date précise de votre vie à venir et non d’en faire un personnage fuyant qui aurait perpétuellement deux ans ou dix ans de plus que vous.

La perspective de cette rencontre est la source d’une amplification de la motivation. Imaginez ces retrouvailles: « Lorsque j’atteindrai cette date, ce jour, cette année ou je serai en sa présence, quelle fête ! » Et il serait bon d’en marquer l’instant.

3) Motivation dans le présent

Maintenant que vous avez une représentation claire de votre moi-futur et une date de rendez-vous, il reste à décider de ce que vous voulez offrir à votre moi-futur. Au propre comme au figuré vous feriez tout pour lui ! Mais quoi précisément ? Quelles actions pouvez-vous entreprendre qui permettront à votre moi-futur d’être comme vous souhaîteriez qu’il (elle) soit ?

Commentaire

Votre moi futur est multiple. Plus qu’un simple compagnon, c’est toute une équipe, une famille, un groupe de personnes en qui j’ai pleinement confiance et pour qui j’ai un amour infini. Mes moi-futurs sont des instantiations de périodes qui prennent sens en fonction de mon cours de vie. Je choisirai mon moi-futur dans un an dans deux ans dans dix ans. L’étudiant choisira son moi-futur jeune diplômé, la femme enceinte choisira son moi-futur jeune mère. Chacun fera son choix et pourra même faire plusieurs choix. Moi diplômé, moi en couple, moi parent, … Pour chaque choix on fixera un instant précis, un âge, une date, l’accomplissement d’un événement (mariage, diplôme, naissance, déménagement,…).

Cette concrétisation de mon moi-futur correspond à la notion d’objectif en PNL. Il doit donc en respecter les critères de validation. Ce moi-futur doit être concret en faisant appel à tous les sens (voix, odeur, photo mentale, …). Il ne peut être que positif (pas de non-moi-futur). Il doit être sous mon contrôle (pas question de choisir un moi-futur élu président ! ). Il doit être écologique, c’est à dire respectueux de nos valeurs, bon pour la personne. Il doit également respecter le but vers lequel tend notre vie: le méta-objectif.

Chacun peut donc choisir un nombre illimité de moi-futurs en fonction de ses besoins. Ces moi-futur se distingueront par leur âge ou par leurs caractéristiques.

Travaillons sur un exemple

Imaginez une personne qui vous ressemble. Elle vous ressemble tel un frère jumeau ou une soeur jumelle. Imaginez cette personne dans la situation suivante : elle vient de terminer la lecture de cet exercice et en a retiré des idées intéressantes, elle est pleine d’enthousiasme et a envie de tester cette théorie pour son plus grand bien-être. Imaginez cette personne avec un maximum de détails en faisant appel à tous vos sens. Vous la connaissez bien cette personne. Elle vous ressemble mais ce n’est pas vous. Vous n’avez donc aucun mal à vous en faire une représentation précise: une image avec un maximum de détails, un ton de voix, un tempo, une odeur, un toucher de peau. Cette personne vous la voyez et elle est véritablement dans cet état d’enthousiasme. Vous pouvez imaginez ce qui permet de détecter cet état et vous l’ajoutez dans votre représentation. Vous imaginez cette personne avec la même précision que vous voyez les personnes autour de vous. Et de même que vous ne vous identifiez pas aux personnes de votre entourage, vous ne vous identifiez pas à cette personne. Ainsi vous ne pouvez sentir ce qu’elle sent. Tout au plus pouvez-vous imaginez ce qu’elle peut ressentir et vos sens vous en apportent la confirmation. La perception concrète de cette personne peut par contre vous amenez à un ressenti personnel par empathie, de même que l’on peut ressentir un frisson à la vue d’un enfant écrivant au tableau et dont l’ongle crisse sur la surface noire.

En fermant les yeux vous pouvez vraiment croire qu’elle existe cette personne, elle n’est pas loin et le temps vous rapproche.

Mais de même que vous imaginez cette personne vous pouvez également et de la même manière imaginer une personne du même âge qui lui ressemble étrangement. La seule différence vous la détectez dans l’attitude qu’elle adopte. Disons qu’elle est désabusée, blasée, manifestement plus rien ne l’étonne. Elle n’a rien retiré de la lecture qu’elle vient de terminer. Elle s’étonne de l’enthousiasme de sa voisine, elle s’en moque même. Construisez cette image avec son, odeur à votre convenance.

Et alors que vous aurez construit ces deux images et qu’elles vous paraissent criantes de vérité, je vous propose de choisir un des deux personnages. Disons le premier. Enrichissez encore son image tout en affaiblissant l’autre. Cette personne vous plaît, vous l’aimez, comme vous-même dirions-nous. Vous êtes réellement prêt à tout faire pour elle. Pour elle vous donneriez tout ce que vous possédez.

Imaginez alors une ressource, un état de curiosité amusée par exemple, que vous allez adopter maintenant. Cette ressource vous semble-t-elle un beau cadeau à lui offrir ? De même qu’un parent est prêt à beaucoup de sacrifice pour donner toutes ses chances à son enfant, offrez-vous d’intégrer cette ressource et adaptez la en fonction de votre expérience propre.

Quand vous l’aurez intégrée pensez à ce moi-futur que vous aimez et ressentez le bien-être qui résulte de ce cadeau pour vous ici et maintenant !

Dans cet exercice nous avons choisi un personnage qui nous est proche dans le temps et nous pouvons déjà nous préparer à le recevoir, comme un fils accueille son père comme une mère reçoit sa fille après une longue séparation.

Ces embrassades chaleureuses se matérialisent ici par l’incorporation de ce moi-futur presque présent. Encore quelques mots et il est là. Tendez-vos bras dans la direction de votre futur proche, fermez les yeux en gardant la représentation de cette personne et en rapprochant les bras

In-corporez-vous !

Profitez de cet instant présent.

Applications du modèle du moi-futur

Le moi-futur outil de motivation

Le moi-futur est un excellent outil de motivation qui permet de manière métaphorique d’augmenter le caractère concret de l’objectif poursuivi. Le caractère hautement émotionnel qui nous lie à ce moi-futur génère un état interne réellement mobilisateur.

Le moi-futur comme aide à la décision.

Si le moi-futur choisi est écologique, il sera source de motivation et nous serons prêts à tout faire pour lui offrir d’exister dans le présent. La volonté d’y arriver a pour résultat d’aplanir les petites contrariétés du présent. Les obstacles sembleront moins insurmontables et s’ils le sont, il faudra peut-être décider de ‘re-profiler’ le moi-futur. Pour ce moi diplômé je suis prêt à bûcher encore une heure au lieu de m’affaler dans le divan et de zapper !

Le moi-futur pour remettre le passé à sa place: dans le passé

Avez-vous constaté, à quel point votre passé s’est fait discret durant l’exercice ci-dessus ?

Mais plus encore: le passé peut devenir une ressource. En effet, il contient le souvenir de tous nos ancien moi-futurs. Ceux-là qui furent nos ressources deviennent ainsi nos mentors et renforcent le processus de motivation.

Application:

(c) septembre 1997, Christian Vanhenten.
Toute utilisation de ce texte est soumise à l’approbation de l’auteur, merci

Dilts réveille toi, ils sont devenus fans !

Feedback d’un séminaire (Bruxelles 2004)

Les participants arrivent seuls ou par petits groupes dans le hall d’accueil du séminaire. Une tasse de café les attend. Les discussions s’amorcent timidement, entrecoupées de retrouvailles et d’embrassades au fil des arrivées, réminiscences d’émotions partagées lors de précédents séminaires.

Puis arrive Robert Dilts.

Regards discrets. Quelques personnes s’empressent d’aller le saluer, l’embrasser : signe extérieur de reconnaissance et marquage social. Robert Dilts semble reconnaître chaque personne qui vient le saluer. Il est souriant, réservé. Son esprit est sans doute entièrement tourné vers l’espace qu’il occupera pendant 3 jours. Vérification du micro, dépôt de quelques CD à vendre ; l’orateur prend possession de l’espace.

Le séminaire peut commencer.

Ce module intitulé « L’héritage de la PNL, debout sur les épaules de géants » fait partie intégrante d’une formation de thérapeutes. Cela devrait très logiquement le distinguer des séminaires tout public qui ne quittent que rarement le niveau des exposés simplistes et ne doivent trop souvent leur succès qu’aux états émotionnels qui marqueront l’esprit des stagiaires.

Je m’attends donc à recevoir un enseignement plus approfondi, plus élaboré avec une certaine forme de rigueur, voire de précision.

Les démonstrations sont intéressantes et montrent la flexibilité de Dilts dans l’accompagnement des sujets et son art de les maintenir … dans le cadre de la démonstration. Je note comment Robert prend appui sur le public: aparté lors de moments difficiles ayant sans doute l’effet de ramener le sujet dans le chemin de l’exercice à exécuter.

Manifestement les démonstrations ne sont que partie au spectacle, le « problème » du « client » n’étant que prétexte et le changement vers l’état désiré quasi hors contexte. Curieux dans le cadre d’une formation pour thérapeutes! Si la démonstration est belle, je m’interroge sur l’effet qu’aura cette technique vécue par le sujet au delà du simple plaisir d’avoir passé un agréable moment sous la guidance du grand Robert.

Déception et rêverie où je me prends à rêver d’une démonstration mettant en évidence la primauté de la relation thérapeute client plutôt que le respect des étapes d’une technique ou d’un show face à un public conquis d’avance.

A noter également la démarche systématique de Dilts de ramener au conscient, de verbaliser et cela même dans les techniques sensées illustrer le rôle de l’inconscient dans la partie consacrée à Freud ou Erickson.

Le rôle du traducteur n’est pas neutre dans la mise en scène. Mimiques, petits gestes comiques, ton de voix accentuant l’un ou l’autre partie du discours que Dilts n’avait pas souligné. Les deux comparses se connaissent de longue date et nous offrent un spectacle attrayant voire plaisant sans parvenir à me masquer la pauvreté et le manque de rigueur du contenu. Oui une belle performance d’acteur, vraiment … si ce séminaire ne se déroulait pas dans le cadre d’une formation de thérapeutes PNL! Dans ma grande candeur j’avais imaginé que dans ce cadre le contenu présenté par Dilts serait sérieux, rigoureux.

Le séminaire avait pour sujet l’héritage de la PNL.

La PNL, selon Dilts, a grandi sur les épaules de quelques géants. Je m’attendais à ce que l’on aborde en principal les thérapeutes modélisés par Bandler et Grinder aux premières heures de leur collaboration c’est-à-dire Fritz Perls, Virginia Satir et Milton Erickson avec en bonus Gregory Bateson. Ce ne fut pas le choix de Dilts. Commençant le séminaire par la Xème présentation de ses niveaux neuro-logiques, Robert Dilts construit son exposé, niveau après niveau en partant du niveau du comportement associé à Pavlov puis William James pour les capacités, ensuite Sigmund Freud pour les croyances pour enfin aborder Milton Erickson.

Cet ordre sera loin d’être anodin car Dilts en bon orateur prendra constamment appui sur ses premiers propos pour progresser dans son exposé donnant ainsi un poids relatif excessif aux premiers niveaux. C’est ainsi que Pavlov aura la part belle et sera évoqué tout au long des 3 jours. Et moi de saliver pour progressivement me rendre compte que je n’aurai pas le plaisir de goûter à la pitance que j’étais venu chercher.

Le clou de l’exposé s’apparente au clou du cercueil de mes espoirs de participant à ce séminaire : Freud !

La PNL a grandi sur les épaules de Freud. Freud a compris le rôle du « rapport » dans la relation thérapeute PNL et client. On bascule dans le surréalisme. Insistant sur le rôle de la relation du thérapeute avec son client, Dilts affirmera que Freud avait compris l’importance de la relation de confiance et du rapport profond qui devait s’établir avec le thérapeute afin que le client soit « d’accord de faire des choses qu’il n’a pas envie de faire ». Hormis le fait qu’elle puisse être assimilée à une forme de manipulation ce qui n’était assurément pas le propos de Dilts, cette affirmation m’est apparue tellement incongrue que je demanderai à Dilts comment il peut affirmer que Freud avait compris l’importance  du « rapport » (au sens PNL) alors qu’il avait adopté cette position caractéristique hors du champ de vision de son patient. Dilts répondra en modulant quelque peu son propos : « Freud avait commencé à comprendre mais il n’avait pas complètement compris » (sic). Je me suis un instant demandé où je me trouvais et si j’avais bien entendu. Si je n’avais pas réécouté l’enregistrement à posteriori j’aurais pu me croire victime d’un délire personnel d’autant que personne dans l’assemblée n’a réagi.

Que l’on me comprenne bien, je n’ai rien contre le courant psychanalytique contrairement à une tendance assez répandue dans le monde PNL. Il se fait que ce n’est pas ma tasse de thé et c’est tout. Chaque approche a ses qualités et ses défauts, ses praticiens de qualité et les autres. Mais que l’on en vienne à présenter la PNL comme une sorte de produit de l’héritage freudien, allons bon ! Avec le raisonnement tenu par Dilts, quiconque peut devenir un précurseur de la PNL. On pourrait ainsi prolonger l’exercice et faire de Mercator un précurseur de la PNL pour son apport dans la réalisation de cartes du monde. Et pourquoi pas le capitaine Haddock pour les ancres !

Les notes de séminaires distribuées aux participants sont généreuses et ne reflètent pas l’impression ressentie en suivant le séminaire. Après plusieurs relectures j’irais même jusqu’à dire qu’elles font oublier l’impression négative de superficialité et de manque de rigueur ressentie en écoutant Dilts durant ces trois journées. Les thérapeutes modélisés par Bandler trouvent leurs places à côté des autres plus largement évoquées lors du séminaire et l’intention de Dilts apparaît plus clairement qui peut être résumée par cet extrait du support de séminaire :

« Bien que l’influence de James sur un grand nombre des aspects les plus fondamentaux de la PNL n’ait pas été reconnue, ses observations et idées d’avant-garde se sont clairement révélées essentielles au développement de la PNL. » (support écrit du séminaire page 21)

Il semble donc qu’en plus de l’inévitable simplification du propos pour maintenir le rythme de la présentation, le séminaire semble avoir plus souffert que bénéficié de l’influence de son traducteur simultané. Ce dernier, animé sans doute de l’intention (positive) de rendre vivante sa traduction et évoluant face à un auditoire conquis d’avance (puisque majoritairement composé des stagiaires à sa formation de thérapeute), a contribué à ce sentiment de superficialité et de manque de profondeur des propos que j’ai ressenti durant et à l’issue du séminaire.

Les techniques proposées pour illustrer les propos du formateur, indépendamment de leurs qualités et leur de pertinence, sont anciennes et sélectionnées dans le panel des techniques de Dilts ou des personnes qui lui sont proches. Pourquoi lorsque l’on se veut le fédérateur de la PNL ne pas ouvrir ses propositions à l’ensemble de la PNL ? Insinue-t-on que les autres modèles sont moins bons, ne sont pas de la vraie PNL ? La NLP university est-elle si peu « universelle » ou doit-on faire le deuil d’une PNL capable de transcender les jalousies ou querelles entre formateurs ? Quid des travaux des Bandler avec son prolongement dans la DHE, de Michael Hall et la neuro-sémantique ou de James Lawley et la modélisation symbolique.

La PNL prêchée par Dilts est la PNL de Dilts, c’est de bonne guerre mais il la présente comme « La » PNL. En dehors de cela c’est le silence. Pas de mouvance dans la PNL d’aujourd’hui, pas de tendances, pas de débat ! Le monde PNL francophone fortement sous l’influence diltsienne ne brille pas par son ouverture d’esprit, c’est inquiétant pour les futurs thérapeutes PNListes.

Robert Dilts est à la base de nombreux développements qui ont amené à la PNL que nous connaissons aujourd’hui. Quiconque l’aura approché à l’occasion d’un de ces séminaires aura pu se rendre compte de son charisme. Robert est une personne attachante qui attire un public dont le méta-programme dominant semble être le matching (accordeurs). C’est bien sympathique mais j’ai l’impression qu’avec le temps cette tendance s’accentue aux dépens d’une certaine forme de rigueur et d’un appauvrissement en terme de contenu. Témoignage de cette évolution la réflexion de cette formatrice PNL qui lorsque je lui demandai si elle était satisfaite du séminaire me répondit en substance : « Je viens pour voir si Robert ne raconte rien de nouveau. Il n’y a rien de neuf, je suis donc satisfaite ! ».

Pour avoir chanté dans un chœur pendant plusieurs années, je sais le plaisir de chanter à l’unisson, mais j’y ai surtout découvert l’immense satisfaction des voix qui chantent chacune leur partition et produisent ainsi une harmonie qui décuple la qualité de la prestation. De ce séminaire, je garde plutôt le souvenir d’un soliste face à son fan club. A qui jeter la pierre : à la star ou à ses fans inconditionnels ? Je vous laisse le soin de répondre à cette question.

Je sais pertinemment que pour certains émettre un avis (par essence subjectif) critique à l’égard de Robert Dilts et des effets du vedettariat dans le monde PNL est proche du sacrilège. La PNL a aussi ses vaches sacrées. Mais plutôt que de ruminer dans son coin, il me semble plus fertile d’émettre une opinion et susciter le débat et la réflexion. C’est l’objectif de ce papier: raviver le débat dans une PNL qui gagnerait à se remettre en question et à être plus attentive à ce qui se passe autour d’elle.

 

L’intention Positive

Traduction libre de l’article du mois de Robert Dilts ( http://www.nlpu.com ) publié avec l’aimable autorisation de son auteur

Introduire La Lumière Dans L’obscurité : Le principe de l’intention positive

R. Dilts nous rappelle qu’en PNL nous considérons qu’à un certain niveau, tout comportement est (ou fut) animé d’une « intention positive ».

L’intention positive derrière un comportement « agressif », par exemple, est souvent la « protection ». Derrière la « crainte » on trouvera souvent la ‘sécurité’. Et la colère sera peut être animée par le besoin de ‘maintenir des frontières claires.

Les symptômes physiques peuvent également viser à satisfaire un objectif positif. La PNL envisage tout symptôme, y compris les symptômes physiques, comme une information à propos d’un dysfonctionnement. Les symptômes physiques sont souvent le signal d’un déséquilibre.

Un comportement ou un symptôme particulier peut parfois servir plusieurs intentions positives. Un fumeur peut ainsi fumer le matin pour se réveiller, la journée pour réduire son stress, se concentrer et paradoxalement pour se souvenir de respirer. Le soir il fumera pour se détendre. Le tabagisme sert souvent à dissimuler ou ‘opacifier’ des émotions négatives. Mais R. Dilts souligne qu’il a constaté que parfois, fumer est l’unique chose que le fumeur fasse vraiment pour lui, pour égayer sa vie.

Robert Dilts insiste sur un principe fondamental en PNL lié à celui d’intention positive qui consiste à faire une distinction nette entre l’individu et son comportement – c’est à dire de séparer l’intention positive, la fonction, la croyance, etc., qui produit un comportement du comportement lui-même. En d’autres termes, il est plus respectueux, écologique et productif de répondre ‘ à la structure profonde ‘ qu’à l’expression d’un comportement problématique. Ainsi si l’on veut changer un comportement ou proposer des solutions de rechange acceptables il faudra que les nouveaux choix satisfassent d’une manière quelconque la fonction positive du comportement précédent. Quand les intentions et les buts positifs d’un problème ou d’un symptôme n’ont pas été satisfaits, alors, ironiquement, même les comportements « désirés » ou « normaux » peuvent produire des résultats qui deviendront problématiques ou pathologiques. Une personne qui cesse d’être agressive, par exemple, mais n’a aucune autre voie de se protéger, ne fait que troquer un ensemble de problèmes pour un autre. Arrêter de fumer sans trouver de solutions de rechange pour tous les objectifs importants qui étaient satisfaits par le tabagisme ne peut que mener la personne dans un cauchemar de nouveaux problèmes.

Si l’on applique un autre principe de base de PNL, celui de « s’accorder et guider », un changement efficace nécessite d’abord de s’accorder sur l’intention positive sous-jacente avant de guider l’individu c’est à dire l’aider à élargir sa carte du monde pour trouver des choix plus appropriés. Ces choix doivent permettre d’offrir à la personne de nouveaux moyens de satisfaire l’intention ou le but positif. C’est ce que les techniques de « recadrage » de la PNL permettent de réaliser.

Pourquoi les gens s’opposent au principe de l’intention positive ?

Le principe de l’intention positive – et l’approche de changement décrite ci-dessus – semble naturelle et efficace. Cependant R. Dilts regrette que la notion « d’intention positive » soit si souvent critiquée voire ridiculisée même par des membres de la communauté PNL. Les objections consisteront tantôt à reprocher à ce principe de n’être qu’une perception plus théorique et philosophique que pratique, tantôt de la qualifier d’être une croyance dangereuse. Un des buts de cet article est de reconnaître et de s’intéresser à ces objections.

La notion ‘de l’intention positive’ est plus philosophique que scientifique. Elle ne peut être prouvée.

Le principe de l’intention positive n’est pas issu d’un idéalisme religieux ou romantique, mais bien de la discipline scientifique de la théorie de systèmes. Le principe fondamental de l’intention positive repose sur le fait que les systèmes (et en particulier les systèmes auto-organisés ou cybernétiques) sont orientés sur l’adaptation. Il s’agit d’une tendance naturelle à optimaliser certains éléments du système pour le maintenir en état d’équilibre. On peut donc dire que le but ultime de toute action, réponse ou comportement est – ou fut – l’adaptation dans le contexte ou ces comportements sont nés.

Il est vrai que l’on ne peut objectivement prouver qu’il y a une intention positive derrière un comportement particulier ; c’est la raison pour laquelle on parle d’un présupposé. De la même façon on ne peut prouver que « la carte n’est pas le territoire » et qu’il n’y a pas de bonne carte du monde. Ce sont des éléments qui font partie de l’épistémologie de la PNL. Ce sont les croyances de base sur lesquelles repose l’ensemble du modèle de la PNL.

Les principes et les présuppositions de PNL sont comparables aux concepts fondamentaux de la géométrie euclidienne. Par exemple, Euclide a établi sa géométrie sur le concept du ‘ point ‘. Un point est défini comme ‘entité qui a une position mais aucune autre propriété : il n’a aucune taille, aucune masse, aucune couleur, aucune forme. Il est naturellement impossible de démontrer qu’un point n’a vraiment ni taille, ni masse, ni couleur, etc… Cependant, si vous acceptez cette présupposition ainsi que quelques autres, vous pouvez établir un système géométrique entier. Il est important de se rendre compte qu’il n’est pas indispensable d’accepter comme vraie la prétention d’Euclide à propos du point pour créer une géométrie. [ par exemple, le mathématicien Seymour Pappert (1980) de MIT a établi sa ‘ géométrie de tortue ‘ pour les enfants en substituant la notion d’une ‘tortue’ à celle du ‘point’ ; la ‘tortue’ étant une entité qui a une position et une direction. ]

Ainsi donc accepter le principe de « l’intention positive » est finalement un acte de foi. Et pour de multiples raisons cette notion de l’intention positive est probablement le noyau ‘ spirituel ‘ de la PNL. Si nous acceptons qu’il y ait des intentions positives derrière chaque comportement, alors nous les trouverons ou créerons par opposition au fait d’en attendre la preuve de son existence.

Si les gens sont supposés avoir des intentions positives alors pourquoi font-ils tant de mauvaises choses ?

La sagesse populaire dit que « l’enfer est pavé de bonnes intentions. » Une bonne intention n’est pas une garantie d’un bon comportement. Les gens qui ont de bonnes intentions font de mauvaises choses parce qu’ils ont des cartes du monde limitées. Les problèmes surgissent lorsque la carte du monde d’une personne bien intentionnée présente trop peu de choix pour satisfaire son intention. C’est pourquoi il est important de considérer le principe de l’intention positive par rapport aux autres enseignements de PNL. Isolée des autres présuppositions de PNL et de la technologie de la PNL, le principe de l’intention positive relèverait en effet d’un idéalisme naïf. Sans maîtrise des techniques de changement de PNL, des outils de pensée, des compétences en matière de communication, etc., le fait qu’une personne aie ou non une intention positive serait inintéressante puisque nous serions impuissants pour re-diriger son attention vers un nouveau comportement. Comme Einstein l’a déclaré,  » On ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celui qui l’a créé.  » Le principe de l’intention positive doit être couplé à une créativité puissante et efficace ainsi qu’à des compétences en matière de résolution de problèmes.

Il est également important de garder à l’esprit qu’une personne ne peut avoir d’intention positive qu’à l’égard de la « partie du monde » dont il a conscience ou à laquelle il s’identifie. Ainsi, un individu qui sciemment et ‘à dessein’ cause un dommage à autrui, aura souvent une intention positive pour lui-même ce qui n’inclut pas l’autre. Le concept « d’intention négative » provient probablement de ce genre d’expérience.

L’intention positive qui sous-tend la croyance en une intention négative – et par-là le rejet de la notion « d’intention positive » – est assurément la « protection ». La notion d’intention positive est souvent rejetée par peur d’être ou de sembler ‘naïf’. Cela va souvent de pair avec un sentiment d’impuissance à provoquer ou faciliter tout changement. Sans maîtrise des qualifications appropriées de la PNL, on peut rapidement être amené à dire que « si l’individu était vraiment bien intentionné il aurait changé ».

Il est important, cependant, de ne pas confondre le fait d’être animé de bonnes intentions avec que le fait de prendre en compte les « meilleurs intérêts » des autres ou du reste du système. Le fait qu’une personne soit bien intentionnée n’implique pas automatiquement qu’elle soit douée de sagesse ou capable de se montrer altruiste – ces qualités sont le produit de leur intelligence, de leur compétence et de leur carte du monde. Adolph Hitler avait une intention très positive – pour la partie du système avec laquelle il s’identifiait. Un agresseur qui vole et peut-être assassinera quelqu’un pour son argent a une intention positive pour lui mais aucune identification avec la victime

Un comportement animé d’une intention positive n’est pas un bon comportement

Le fait qu’un comportement ou un symptôme puisse receler une intention positive ne le rend pas pour autant acceptable ou OK. Le principe de l’intention positive au contraire énonce ce qui est nécessaire pour pouvoir changer de manière permanente un comportement ou résoudre un symptôme ou une résistance. Le principe de l’intention positive vise plus le changement, la guérison et l’écologie que la moralité ou la justice. Il s’adresse plus au futur qu’au passé. Le principe de l’intention positive affirme simplement que la guérison ou le changement implique d’ajouter de nouveaux choix au modèle du monde appauvri de l’individu. Ces nouveaux choix devraient pouvoir satisfaire la fonction positive que l’individu (consciemment ou inconsciemment) cherche à satisfaire sans présenter les conséquences négatives ou pathologiques du comportement problématique ou du symptôme.

Je ne peux trouver aucune intention positive à certains comportement.

Les intentions positives ne sont pas toujours conscientes ni évidentes. Si nous ne sommes pas habitués à penser en termes d’intentions positives, il est parfois difficile de les trouver rapidement et nous trouvons alors plus facile de nous rabattre sur d’autres explications. Mais si nous sommes rodés à les détecter et si nous cherchons suffisamment profondément, nous les trouverons.

Parfois l’intention ou ‘la structure profonde’ est très éloignée du comportement de niveau extérieur. Dans ces cas, la relation entre l’intention et le comportement peut sembler paradoxale. Des personnes suicidaires peuvent avoir comme intention positive d’atteindre la paix. Les parents punissent parfois physiquement ou maltraitent leurs enfants  » pour leur prouver qu’ils les aiment. Le mystère du rapport apparemment paradoxal entre l’intention positive et le comportement résultant se situe dans les événements passés et le modèle du monde dans lequel la relation s’est créée.

Une autre conclusion que l’on est amené à tirer en combinant le principe de l’intention positive avec d’autres présuppositions de PNL est que n’importe quel comportement qu’il soit ‘nuisible’, ‘fou’ ou’ bizarre est ou était le meilleur choix possible pour la personne étant donné son modèle du monde à cet instant. C’est-à-dire, que tout comportement est ou a été perçu comme nécessaire ou approprié (du point de vue de son auteur) étant donné le contexte dans lequel il s’est produit. Ce qui se produit souvent par contre c’est que le comportement ne satisfait plus l’intention positive qui est à son origine. Par exemple, l’intention positive qui sous-tend la vengeance est souvent au départ de ‘régler la situation’, en vue d’essayer de l’aplanir. Au lieu de cela elle crée une inimitié éternelle ou une escalade. Pour résoudre le différent il est nécessaire de briser le cycle en trouvant une voie de penser qui soit différente de celle qui a créé le problème.

Il est important de garder à l’esprit que même si la réponse problématique est périmée/vient trop tard, l’intention positive qui la sous-tend ou le but qu’elle est sensée atteindre peut être encore d’actualité. Il doit donc être reconnu et pris en compte.

Et si je ne trouve pas d’intention positive dans le passé ?

Dans certaines situations, la fonction positive ou le symptôme ne motive pas le comportement mais se développe plus tard comme « bénéfice secondaire ». Par exemple, une personne n’a pas l’intention de devenir physiquement malade, mais par son état de malade il a été l’objet d’attention et a été soulagé de ses responsabilités. Cette attention et ce soulagement sont perçus comme des bénéfices secondaires de la maladie, et nous indiquent les déséquilibres dans la vie ‘normale’ de la personne qui doivent être pris en compte au risque de voir la personne rechuter.

Mais quand je fais prendre conscience à la personne des alternatives possibles, elle ne les accepte pas.

Il est important de faire la distinction subtile mais significative entre les ‘alternatives’ et les ‘choix’. Les alternatives sont des solutions de rechange externes à la personne. Les ‘choix’ sont des solutions de rechange qui sont intégrées à la carte de la personne. On peut disposer d’un grand nombre d’options ou d’alternatives sans avoir réellement de choix. Le choix implique d’avoir la capacité et les indices contextuels pour pouvoir choisir intérieurement l’option la plus appropriée.

En PNL, on considère également qu’il est important que la personne possède plus d’un choix en plus du symptôme ou de la réponse problématique. Il existe en PNL un dicton qui dit : « Une seule option c’est ne pas avoir de choix. Deux options c’est un dilemme. Ce n’est qu’à partir de trois possibilités que la personne pourra vraiment choisir légitimement.  »

Que penser de ces situations où la personne admet qu’elle a le choix mais continue à faire la même chose ?

Ce qui peut parfois être troublant lorsqu’il est question du principe de l’intention positive est que la personne « devrait mieux savoir ». Elle devrait avoir l’intelligence ou la maturité d’utiliser d’autres solutions de rechange pour réaliser les intentions désirées. Il n’est pas rare d’entendre une personne déclarer à plusieurs reprises qu’elle réalise que son comportement n’est pas bon elle ou que cela ne lui permet pas de faire ce qu’elle désire mais pourtant persiste à continuer d’agir de la même manière.

L’influence des événements passés s’étend souvent au-delà de la mémoire spécifique d’une situation particulière. Dans certaines conditions, les événements peuvent produire des états modifiés de conscience qui mènent à « un dédoublement de la conscience,  » de sorte que le processus de pensée de la personne se dissocie du reste. Cette partie dissociée de la conscience que Freud a appelée « la conscience secondaire », peut produire des idées très intenses mais qui sont découplées du reste de la conscience.

Dans l’optique de la PNL, les gens dérivent ou se déplacent en permanence entre de différents états de conscience. Notre système nerveux est capable de générer de nombreux états différents. En fait, dans la perspective de la PNL, il est utile et souhaitable d’avoir des « parties ». Dans des circonstances qui exigent des niveaux de performance élevés par exemple, une personne pourra se mettre physiquement et mentalement dans des états différents de son « état normal » de conscience. Certaines tâches exigent que les individus utilisent leur corps et leur système nerveux de manière spéciale. Certaines performances sportives, certaines expériences professionnelles (par exemple en chirurgie) exigent des niveaux élevés de concentration qui sont souvent accompagnés d’états spéciaux. Les idées, les perceptions et les pensées qui se produisent dans ces états peuvent « être associées entre elles » plus facilement que dans le cas d’expériences qui se produisent dans d’autres états ou circonstances. Ce genre de processus nous permet de ne pas être débordé par l’ampleur de nos expériences.

Une « partie » particulière sera plus ou moins influençable selon le niveau où elle a été formée. Certaines parties sont plus du niveau des capacités ; comme la partie « créatrice », une partie « logique » ou une partie « intuitive ». D’autres parties se situent plutôt au niveau des croyances et des valeurs; comme celle qui « privilégie la santé au succès » ou celle qui croit que « la famille est plus importante que la carrière ». D’autres peuvent se situer au niveau de l’identité ; comme la partie « adulte » par rapport à la partie « enfant ».

Les différentes « parties » peuvent avoir différents intentions, capacités et buts qui peuvent être reliés ou non à d’autres parties d’une personne et à son état normal de conscience. Ainsi, une partie peut comprendre quelque chose, une autre partie pas. Une partie d’une personne peut croire que quelque chose est important tandis qu’une autre partie peut croire que c’est inutile. En conséquence, un individu peut avoir différentes parties avec différentes intentions. Ces intentions peuvent entrer en conflit ou mener à des comportements qui peuvent paraître bizarres et irrationnels à d’autres parties même à la partie consciente de la personne.

En d’autres termes, le fait que « la conscience normale » d’une personne identifie d’autres choix ne signifie pas que « la conscience secondaire » qui est à l’origine du comportement comprenne ou accepte ces choix. Un symptôme n’est complètement « recadré » que lorsque la partie de la personne qui produit la réponse problématique est identifiée, son intention positive comprise et reconnue et quand d’autres choix pertinents permettant de satisfaire l’intention positive ont été internalisés par cette partie (les détails de guider de telles communications ont été détaillés dans un certain nombre de livres de PNL et notamment « Roots of NLP », « Les secrets de la communication », « Solutions », « NLP volume I » et « Reframing »)

Voulez-vous dire que le « mal » n’existe pas ?

La notion du ‘mal’ est très ancienne. C’est peut-être étonnant pour certains mais il n’a pas toujours existé en tant que partie essentielle de la conscience humaine. Dans son livre « The Origin of Consciousness in the Breakdown of the Bicameral Mind(1976) », Julian Jaynes précise que les références au concept du « mal » n’apparaissent pas dans les textes anciens ou les objets antiques (grecs, égyptiens ou hébreux) avant 1200 avant Jésus-Christ. Selon Jaynes, pour permettre la naissance de la notion de « mal » le comportement des personnes devait être suffisamment dissocié de la volonté des différents dieux qui les contrôlaient pour leur permettre d’avoir leur propre volonté, leur libre-arbitre. Ce n’est qu’avec l’augmentation des contacts et des interactions entre les peuples de différentes cultures qui a produit la croyance que les différences de comportement entre les peuples proviennent de leurs mode de pensée que des notions telles que la « duperie », la « supercherie » ou le mal ont pu émerger. Sans conscience ni volonté individuelles il ne peut y avoir aucun intention, qu’elle soit positive ou négative. Il semblerait que le concept du mal provienne historiquement de notre lutte pour comprendre notre propre programmation interne.

Déjà dans les temps les plus reculés, le ‘mal’ a été associé aux ‘ténèbres’ et le ‘bien’ à la ‘lumière’. Les comportements destructifs et nocifs viennent de note côté sombre, de notre sombre alors que les comportements affectueux et curatifs viennent de la ‘lumière’. Cette métaphore colle très bien avec le présupposé PNL de l’intention positive. Les intentions positives sont comme la lumière. Leur but est d’apporter l’illumination et la chaleur au monde. Les symptômes et les comportements problématiques émergent hors de l’obscurité – les endroits que la lumière ne peut pas atteindre.

Il est très important de réaliser, cependant, que « l’obscurité » ne constitue pas une ‘force’ en soi, elle n’est qu’absence de lumière. La lumière peut briller dans l’obscurité, mais l’obscurité ne peut pas ‘briller’ dans la lumière. Ainsi, le rapport entre la lumière et l’ombre n’est pas une lutte entre deux forces en opposition. Les question à se poser sont : « Qu’est ce qui obstrue la lumière?  » et « Comment pouvons-nous obtenir une certaine lumière où² c’est nécessaire ? ».

Dans la perspective de la PNL, « l’obscurité » est le résultat d’une carte du monde trop étroite ou d’un obstacle dans ce modèle du monde qui crée une ombre et empêche la ‘lumière’ de l’intention positive de rayonner. Le changement consiste non pas à attaquer l’ombre mais bien à « élargir l’ouverture » de la carte du monde de la personne ou à mettre en évidence et transformer les obstacles qui créent la zone d’ombre. En PNL, les obstacles à la lumière seront soit des croyances limitantes soit des virus de pensées dans nos cartes mentales du monde. Typiquement, ces obstacles se présentent comme des croyances ou des affirmations qui viennent contredire une ou plusieurs présuppositions de base de la PNL.

Par exemple, considérez simplement à quel point il est facile de générer conflit et violence en adoptant la croyance suivante :  » il n’y a qu’une seule vraie carte du monde. Ils (les autres, l’ennemi de circonstance) ont une fausse carte du monde – J’ai la carte du monde correcte. Ils ont de mauvaises intentions, ils veulent nous agresser. Ils sont incapables de changer – nous avons tout essayé. Ils ne font pas partie de notre système – ils sont fondamentalement différents de nous. »

Ces croyances prises ensemble, ont sans doute été au cœur de chaque atrocité commise dans l’histoire de l’humanité. La ‘lumière’ fondamentale et la capacité curative de la PNL vient de son engagement pour favoriser un ensemble de présuppositions différentes :

« Nous formons un système qui fait partie d’un système beaucoup plus vaste. Ce système est fondamentalement adapté vers le bien-être et l’adaptation. En conséquence, nous sommes foncièrement motivés par des intentions positives. Nos cartes du monde, cependant, sont limitées et ne nous fournissent pas toujours tous les choix possibles. Nous sommes, néanmoins, capable de changer, et si nous percevons une option véritablement viable, nous l’adopterons automatiquement. Le but est donc d’élargir notre modèle du monde pour inclure d’autres choix et capacités pour la protection et la sagesse et pour aider d’autres à progresse dans cette voie.  »

Cet article a été librement traduit à partir d’un article publié par Robert Dilts sur son site Internet http://www.nlpu.com . Découvrez également les autres articles de Robert ainsi que les « pattern of the month » (technique du mois)

La page originale est soumise au Copyright (c) 1996 by Robert Dilts., Santa Cruz, CA.
Traduction libre et adaptation : Christian Vanhenten
Publié avec l’autorisation de l’auteur: Robert Dilts

Les présupposés de la PNL

La carte n’est pas le territoire
Notre perception est subjective est une représentation (carte ou modèle) de la réalité et non la réalité elle-même. Il existe (peut-être) une réalité. Il existe autant de représentations de cette réalité qu’il existe d’êtres humains.

Tout comportement est généré par une intention positive
voir à ce sujet une traduction d’un article de R. Dilts
Tout comportement est animé par une intention positive. Notre inconscient nous porte à faire le meilleur choix parmi ceux qui nous sont possibles.
Il faut distinguer intention et comportement (tout comportement n’est pas positif).

Il n’est pas possible de ne pas communiquer
Refuser de communiquer avec quelqu’un est une communication. Celle-ci peut être verbale ou non verbale.

L’esprit et le Corps sont des aspects du même système cybernétique Ils s’influencent mutuellement.

Le sens de votre communication est dans la réponse que vous recevez
Quelles que soient vos intentions et vos sentiments, dans votre communication, il est important de se centrer sur la réponse

Il n’y a pas d’échec, seulement du feed-back
Lorsque nous n’obtenons pas le résultat espéré, nous obtenons un feed-back qui nous informe de faire différemment au prochain essai.

Si ce que vous faites ne marche pas essayez quelque chose d’autre
Ne faites pas « Plus de la même chose ».

Chacun possède toutes les ressources nécessaires à son développement
Il peut toutefois être nécessaire d’organiser ces ressources potentielles pour qu’elles deviennent opérationnelles.

Le niveau de l’identité n’existe pas

(publié initialement en 1997 sur le site de l’Atelier PNL)

Identité mythe ou réalité ?

réflexions après un séminaire de PNL

Je dédicace cette page à Robert Dilts que j’ai eu la chance de rencontrer pour la première fois en 1997 à Bruxelles à l’occasion de son séminaire « identité et changement évolutionnaire ». Les commentaires ci-dessous ne sont pas une synthèse du séminaire, ce sont des considérations personnelles suite au séminaire … avec un brin d’humour et un zeste de provocation.

Christian Vanhenten, Bruxelles, juin 1997

Les niveaux logiques définis par Robert Dilts sur base des niveaux logiques définis par Bateson semble accepté par tous. Les remettre en question serait sortir du troupeau des inconditionnels et pourtant j’ai la faiblesse de penser que Robert lui-même n’apprécierait pas l’idée que l’on avale les modèles qu’il nous propose comme du pain béni. Que du contraire, s’interroger sur la pertinence d’un modèle c’est le confronter avec la réalité, la réalité de notre expérience subjective en tout cas.

C’est ainsi que l’envie me prend de proposer au lecteur de se pencher quelque peu sur ce fameux niveau 5 de la pyramide des niveaux logiques et que j’oserai prétendre en guise de provocation (qui n’a pour seul but que d’aiguiser votre appétit intellectuel et vous inviter à déguster plus avant ces quelques lignes) que

« Le niveau logique correspondant à l’identité n’existe pas « 

Incroyable idiotie, ineptie , sacrilège peut-être. Voilà les cris que d’aucuns pousseront en lisant cette affirmation….

… A ceux qui reste merci pour votre patience , on continue..

Je disais donc que le niveau de l’identité n’existe pas. Mais voyons bien sur qu’il existe, sinon que serions nous?

Et oui que sommes nous ?

Un système faisant partie d’un système plus vaste auquel nous sommes reliés (bonjour le niveau logique n°6).

Un système qui a ses limites, ses frontières qui permet de le distinguer de son environnement (bonjour niveau n°1).

Déjà là je vous arrête. Nos limites qu’elles sont-elles? Notre corps physique ou peut-être doit on aborder cette question sous un angle plus vaste et parler de corps astral, ou autre corps spirituel ?

Ceci sur un plan plus ésotérique mais on pourrait aussi parler de l’être humain et de ses limites élargies à ses réalisations. Pensons aux artistes, aux grands auteurs. Platon est-ce l’homme ou est-ce son œuvre? Penser que Platon c’est les deux ne paraît pas si ridicule qu’il n’y paraît.

Vient alors la réflexion irrépressible: « mais je sais que je suis un homme, que je suis …. (compléter vous même).

Et oui belles croyances que cela car comme le dit Robert Dilts l’identité plus on la définit moins on l’approche, et comme il se plaît à le répéter le plus important quand on cherche à savoir ce qu’est l’identité n’est pas la réponse mais bien la question.

Si l’on se débarrasse de nos ego multi-couches, de nos définitions de nos identités en terme de vœux pieux (je veux être un homme libre ouvert, un guide, un ami, ….) que reste-t-il ?

Et bien oui mon bon monsieur pas grand chose sinon un amas de croyances.

Car c’est là que je veux en venir.

Et si le niveau d’identité n’existait pas?

Et si ce n’était simplement que l’ensemble de nos croyances les plus vitales, les plus inconscientes, les plus fondamentales. Vous savez ces croyances dont nous ne pouvons même pas imaginer que l’on pourrait oser penser y renoncer tant elles nous collent à la peau.

Et si ce niveau logique de l’identité n’était simplement qu’une couche d’épaisseur nulle, une enveloppe virtuelle un contenant de nos croyance de nos valeurs, de nos stratégies et de nos comportements.

En partant de cette hypothèse on imagine aisément que l’on ne puisse développer de techniques d’intervention sur l’identité. Seul un travail délicat et en profondeur sur nos croyances les plus ‘identitaires ‘ n’est envisageable.

On comprend aisément pourquoi il est impossible de définir notre identité autrement que par un ensemble de croyances, ou d’en tracer les contours (tiens les contours, quand on parle d’enveloppe!) par le biais de métaphores.

Et puis l’identité, c’est quoi au juste?

D’aucuns diront: c’est ce qui reste quand tout le reste change.

Robert définit l’identité comme un potentiel qui n’est limité dans sa réalisation que par les niveaux logiques qui lui sont inférieurs: nos croyances mais également valeurs, stratégies comportements et environnement.

Une balle de mousse comprimée

Notre identité se serait donc comme une balle de mousse que nous comprimerions pour la faire entrer dans une boîte plus exiguë. Dans cette boîte il lui serait impossible de prendre son volume, son ampleur.

En travaillant sur les limitations des niveaux inférieurs on travaillerait sur la forme de la boîte. La forme intérieure s’en verrait ainsi changée ce qui permettrait à la balle de mousse de s’épanouir d’une nouvelle façon.

Mais il n’est pas (encore?) possible de travailler sur la balle de mousse. Elle n’est que potentiel et un potentiel n’est pas réalisé, c’est-à-dire pas réel. Nous pouvons imaginer qu’elle forme aurait cette balle sans les limites de la boîte mais nous plongeons alors dans l’imaginaire.

Ce potentiel, cette balle de mousse n’est-elle pas simplement une partie de ce que l’on placerait dans le niveau logique n°6, celui de la spiritualité de cette vaste énergie dont nous sommes issus.

L’identité ne serait alors que la limite séparant cette balle de mousse des autres balles de mousse de l’univers?

Avouez que la question méritait que le lecteur s’attarde jusqu’à une ligne aussi tardive de cette page.

Autre petite considération.

S’il est courant de définir l’identité comme étant ce qui reste lorsque tout à changé comment comprendre la notion de changement évolutionnaire défini par Robert Dilts comme une évolution de notre identité. Bien sur l’idée est tentante et plus que séduisante pour nous tous, adeptes du développement personnel.

Mais avouez qu’il y a de quoi s’interroger sur ce paradoxe de cette chose qui est par essence la stabilité et que nous voudrions voir évoluer. En somme ce n’est que le contraire de la très célèbre ‘plus ça change plus c’est la même chose’ chère à Watzlawick.

Peut-être devons nous également nous interroger sur une notion de rythme de changement à l’image des cycles chers aux économistes (cycles d’un jour, d’un mois d’un an ou plus pour tout ce qui change en nous et cycle d’une vie pour ce qui est de notre identité)

Mais il sans doute plus simple d’aborder ce paradoxe en revenant à la métaphore de cette balle dans sa boîte: et traduire changement évolutionnaire par ‘aménagement du volume intérieur de la boîte’.

Dès lors notre identité peut-être vue comme le volume interne de cette boîte. Ce volume interne n’étant que l’espace dans lequel notre balle de mousse peut se dilater jusqu’à toucher les parois. Il nous reste alors à travailler sur cette paroi en bois multi-couches qui se compose de nos croyances les plus profondes jusqu’à nos comportements en passant par nos capacités ou nos stratégies. La boîte étant, ne l’oubliant pas, placée dans un environnement qui n’est neutre pour notre balle de mousse (pensons à la pression atmosphérique au taux d’humidité par exemple).

Que ces réflexions vous inspirent quelque décharges synaptiques bien agréables et surtout vous incitent à me faire part de votre réaction

(c) juin 1997 Christian Vanhenten

Les 5 critères PNL pour définir un bon objectif

1. Défini en termes positifs

« Que voulez-vous? « et non « Que voulez-vous éviter ? »
Le cerveau ne peut avoir de représentation négative. La négation n’existe que dans le langage. Si je dis : «Ne pensez pas à un éléphant rose», vous devez d’abord vous construire une représentation d’un éléphant rose avant d’éventuellmeent barrer cette image.

2. Sous mon contrôle

Il est important que l’objectif dépende de vous, qu’il soit initié par vous.
Ne formulez pas l’objectif comme ceci: « Je voudrais que les autres soient agréables avec moi » mais dites plutôt: « Je veux établir des relations agréables avec les autres ».

3. Contextualisé

« Que voulez-vous au juste ? » « Où ? Quand ? Avec Qui ? Combien ? ». Ces questions serviront à préciser l’objectif afin de le rendre le plus concret possible. Ces

4. Concret, testable, vérifiable

« Comment saurez-vous que vous aurez obtenu votre objectif ? ». Que verrez-vous, qu’entendrez-vous, que ressentirez-vous à ce moment là ? »

5. Ecologique

Pour vous et pour les autres. « Que se passera-t-il quand j’aurai atteint mon objectif ? » Quelles seront les conséquences lorsque j’aurai atteint mon objectif. Un objectif est écologique s’il respecte le système familial, professionnel, social dans lequel je vis.

Les six questions clés de la détermination d’objectif en PNL

  • Que veux-tu?
  • Est-ce que cela dépend de toi?
  • Comment sauras-tu que tu as atteint ton objectif? Que verras-tu, qu’entendras-tu?
  • Qu’est-ce que ça va t’apporter d’encore plus important ?
  • Y-a-il des inconvénients?
  • Y a t’il des obstacles ?

PNL ou Meta-PNL, c’est la même chose?

Bandler, a défini la PNL comme étant une attitude tirant derrière elle une remorque de techniques.

Il semblerait que la remorque ait attiré toute l’attention du chauffeur puisque la notion d’attitude est très souvent placée l’arrière plan.

La stratégie pédagogique qui consiste enseigner les modèles et techniques de la PNL dans l’idée de faire découvrir ainsi « l’état d’esprit » de la PNL n’est pas, selon moi, la meilleure.

Les co- créateurs de la PNL et l’équipe qui les a rejoint pour développer les premiers modèles ne disposaient pas de la PNL pour développer leur pratique. Ils étaient animés d’une curiosité insatiable, d’une soif d’expérimenter inextinguible, d’une attention portée sur la mise jour de la structure de l’expérience subjective. Ils étaient animés de ce que l’on pourrait appeler « l’esprit PNL » et  les modèles ont suivi.

Aujourd’hui les formations enseignent les modèles en espérant que l’esprit suivra.
Je sais pour avoir rencontré plusieurs dizaines de praticiens et maîtres- praticiens lors des ateliers PNL que j’ai organisé pendant 5 années que l’esprit ne suit pas toujours.
Beaucoup maîtrisent les modèles et ont des qualités indéniables pour établir une bonne communication avec leurs clients mais peu ont cet esprit d’explorateur. C’est ce que j’appelle la PNLa, la PNL appliquée.
Loin d’être une qualification péjorative ou dénigrante – la pratique est la base, la raison d’être de la PNL et la méta-PNL n’a de sens que dans sa concrétisation sur le terrain par la pratique – cette appellation indique que la préoccupation est la pratique par l’utilisation des modèles et procédés de la PNL.
L’objectif de ces praticiens est de susciter ou de faciliter le changement par l’application des modèles qu’ils ont appris et qu’ils continuent de développer au travers de séminaires ou de lectures. Cet objectif est noble en soi. Il est également différent de l’objectif de la méta-PNL qui embrasse l’objectif de devenir des créateurs de modèles en permanence, chaque jour, chaque intervention avec le client.
Les PNListes qui ont cette fibre d’explorateur ont déjà ressenti cette sensation qui vous prend face une situation inconnue, quand les modèles déj connus semblent avoir tout donné, dans cet état de non- savoir. A ce moment ils ont peut être sienti vibrer la fibre de la curiosité et l’explorateur de se mettre en recherche du pattern, du schéma puis de cet élément qui, s’il est modifié transformera l’expérience pour atteindre l’objectif défini.
Cette exploration ne peut se faire qu’au prix d’une libération des techniques quelles qu’elles soient, étape qui manque dans les cursus, les formateurs pré- supposant que les certifiés feront le pas par eux-mêmes.

La méta-PNL n’est donc pas autre chose. Elle se positionne en complément venant enrichir la PNLa.

Se libérer du connu, développer sa flexibilité mentale: développer un savoir-savoir, un méta- savoir qui affranchit plus qu’il ne rejette.

Je n’aime pas la PNL !!

Technique de manipulation ? Trop superficiel ? Poudre aux yeux ?

Ces arguments vous les partagez avec d’autres. Sur les réponses ces critiques je vous renvoie la lettre ouverte des formateurs PNL disponible sur le Net.
En ce qui me concerne je partage une partie de ces critiques lorsque l’on pratique une PNL de surface sans en comprendre les fondements et quand on oublie l’attitude qui la sous-tend.
Changer son état interne en augmentant la lumière de la représentation mentale que l’on a d’une situation peut être un procédé artificiel, non-naturel et assimilant notre esprit une mécanique qui réagit des thérapeute presse-bouton. C’est absolument vrai … si l’on applique cela de cette manière, sans comprendre ce que cette opération sous-tend.
Nous sommes des êtres humains. Notre corps et notre esprit forme un système hautement inter- connecté, Si nous prenons conscience que nous agissons souvent par habitude – ce qui nous permet de ne pas devoir réfléchir chaque geste, chaque attitude, chaque information ce qui serait rapidement ingérable – nous pouvons observer que certaines manières de faire sont loin d’être optimales et sont parfois l’origine de bien des difficultés.
Cette prise de conscience peut nous transformer en explorateurs de notre propre expérience. Curieux comme un enfant peut l’être nous pouvons découvrir de nouveaux chemins et créer nos propres expériences. Avez-vous déj essayé de vous brosser les dents avec l’autre main ? Cette banale expérience peut s’avérer très instructive. Dans cet état d’esprit explorer l’effet d’une modification d’une « sous-modalité visuelle« , terme PNL qui veut dire modifier l’image que l’on a d’une expérience, procède de la même logique: explorer comment ce serait si …je changeais de main pour beurrer mon pain, je mettais un peu de lumière dans la scène mentale que je me suis créée et qui représente mon patron que je rencontrerais à 14 heures pour demander une augmentation.
Si cela produit un effet intéressant, qui me satisfait, si j’en retire un apprentissage qui enrichit ma perception de la réalité, pourquoi m’en priver ? Si non, mettons cette expérience de côté, il y en a tant d’autres qui nous attendent.
La Méta-PNL défend l’idée que chacun peut questionner ses schémas répétitifs, les comportements qu’il veut changer et développer la flexibilité mentale nécessaire pour générer le changement souhaîté. Par quelle technique, par quelle modèle ? Cela relève de la compétence de chacun. Pourquoi se limiter aux techniques de la PNL si d’autres vous conviennent mieux ? Comment les intégrer dans une pratique qui devient ainsi votre pratique.

Le TOTE

Le TOTE est un modèle classique de la PNL.
TOTE est l’acronyme de Test Operate Test Execute et a été initialement proposé par Pribam.

Ce modèle traduit la notion de processus constitué d’une série d’opérations et se terminant pas un test permettant de sortir du processus si le résultat est conforme au résultat attendu.

Dans cet article vous découvrirez comment le choix de différents modes de représentation du TOTE permet d’envisager les processus sous de nouveaux angles.

Lire l’article au format pdf: Le TOTE

Méta-PNL ou PNL de troisième génération

Cet article est initialement paru en 2006

La campagne de marketing de la nouvelle vague PNL est sur les rails. La PNL sera de 3ème génération, Robert Dilts l’a décrété. Chacun s’alignera ou se démarquera selon qu’il adhère peu ou prou à la chapelle pnliste diltsienne. Ce nouveau label aura en tout cas le mérite d’identifier les formateurs dans ou hors du courant du leader de la NLP University.

Examinons d’abord ce qu’entend Dilts par PNL de 3ème génération avant de nous interroger sur les similitudes et différences avec la méta-PNL.

Robert Dilts divise donc la PNL en 3 générations qu’il classe, comme de bien entendu, sur sa grille des niveaux logiques.

La PNL de 1ère génération est celle des premières heures. Elle se caractérise par les travaux de Bandler et Grinder. C’est une PNL que « l’ont fait » sur les autres d’où sa réputation de manipulation qu’elle traîne encore aujourd’hui. Son intervention se cantonne aux niveaux de l’environnement, du comportement et des capacités. Cette première vie de la PNL se caractérise par des techniques comme les ancrages, les swish et autres squashes visuels.

La PNL de 2ème génération est née en s’ouvrant au champ des valeurs et des croyances. Nous quittons la zone franche de la distinction nette entre forme et contenu. Parallèlement, la PNL sort du cadre étroit du monde de la thérapie pour s’essayer entre autres à la pédagogie, à la vente, au management. Cette époque est marquée par la mise au point de techniques telles que le travail sur la ligne de temps, le re-imprinting, les positions perceptuelles, les méta-programmes. Ces développements confirment le succès croissant de la PNL qui continue sa marche en avant dans de nombreux domaines et à travers le monde entier. Si elle se cantonne encore au travail individuel, celui que l’on appelait le programmateur se mue en guide, coach puis en mentor pour gommer la cicatrice que représente encore le P de PNL, souvenir d’une époque que l’on veut révolue.

Dilts ne situe pas précisément quand la PNL de 3ème génération est née. La prise en compte des niveaux supérieurs (identité, mission et tout ce qui relie) transforme le praticien en sponsor voire en éveilleur. Les positions perceptuelles s’enrichissent de la position du « Nous » et la PNL s’ouvre aux groupes, aux communautés et plus généralement aux systèmes. Qualifier de systémique la PNL de 3ème génération n’est pas suffisant. Dilts lui adjoint un qualificatif supplémentaire : la PNL de 3ème génération est systémique mais également générative, terme nettement moins clair pour le commun des mortels et donc susceptible de capter son intérêt. Avec cette PNL de 3ème génération Dilts ne nous promet pas moins que « des techniques plus simples mais plus profondes et qui permettront de faire des choses que l’on n’imaginait pas auparavant ». Le secret tient en un mot : le champ !

Si la PNL avait déjà réuni le corps à l’esprit (voir des concepts tels que la syntaxe somatique ou le travail avec le ressenti kinesthésique qui reconnectait le corps à l’esprit) ce lien était largement asymétrique : le cerveau était le pilote et le corps cantonné dans un rôle de périphérique sensoriel. La PNL de 3ème génération redonne au corps une position d’égal avec le cerveau cognitif en intégrant en passant les concepts développés par Stephen Gilligan et s’ouvre à des niveaux nettement plus subtils que nous pouvons localiser dans l’espace mais qui néanmoins nous influencent dans notre manière d’être, d’agir et d’être en connexion avec autrui et d’une manière plus générale et plus spirituelle avec une intelligence globale qui émerge des intelligences individuelles. Cet effet que Dilts résume par le terme de « champ-esprit » explique, selon lui les ressentis, les pensées, les idées qui nous viennent en groupe et qui sont de nature différente de celles qui nous viennent lorsque nous sommes seuls.

D’une manière plus générale, dans son nouveau stade d’évolution, la PNL ne se limite plus simplement à résoudre des problèmes. Le praticien PNL se fait éveilleur et crée un espace où la personne peut évoluer. La PNL cherche à faciliter ou rendre possible l’éveil du client, étendre l’espace de ses possibles.

Si dans les premières générations de la PNL le recadrage en six pas poursuivait l’objectif de concilier deux parties en conflits de la personne pour dégager une troisième option, la PNL de 3ème génération vise à créer un espace où ces deux parties pourront co-exister et permettre ainsi qu’émergent de nombreuses possibilités nouvelles.

La PNL de 3ème génération semble donc atteindre l’idéal : tout ce que vous avez rêvé la PNL pourra vous l’offrir de la simple résolution de problème à l’évolution vers l’être éveillé.

Arrêtons nous là pour ce qui est de la présentation de la PNL de 3ème génération par Robert Dilts et examinons ensemble sa proposition.

Si nous n’étions pas dans le monde de la PNL, tout cela ressemblerait bien à un meeting politique préélectoral. Comme les politiques, Dilts nous promet une PNL nouvelle et nous fait ainsi oublier qu’il était un des acteurs majeurs durant les trois premières décennies de cette PNL qu’il caricature.

La PNL a évolué ? Sans doute. Dilts a-t-il contribué à cette évolution ? Bien sur. Nous avons donc toutes les raisons d’être satisfaits de la PNL actuelle.

Mais alors pourquoi créer ce saut quantique dans la troisième génération. Pourquoi ne pas souligner l’évolution de ces dernières années ?

Les raisons sont sans doute multiples. Le marketing des séminaires des prochaines années n’est sans doute pas étranger à cette démarche.

A l’instar des logiciels, Dilts annonce la mise sur le marché de la « nouvelle release » du logiciel PNL, la version PNL 3.0, avec un tas de nouvelles options dont on ne sait pas si elles nous serviront toutes – un peu à l’image de ces conducteurs qui achètent une nouvelle voiture avec GPS alors qu’ils n’utilisent leur véhicule que pour se rendre à leur travail comme il le font depuis 20 ans.

Pour nourrir la demande il faut redynamiser le besoin et quoi de plus stimulant qu’une nouvelle version qui assurément fera sentir à ceux qui s’en tiennent là qu’ils sont potentiellement dépassés ?

Une autre raison pourrait être de l’ordre du lifting.

Comment gommer les défauts habituellement dénoncés de la PNL ? Comment maquiller une PNL qui repose sur des paradigmes trentenaires ? Comment cacher cette cicatrice qui la défigure, ce mot devenu presque honteux dissimulé sous le P de PNL : programmation ? Comment nettoyer tout cela en un coup de baguette magique ?

La réponse est simple : une nouvelle génération et hop, le tour est joué !

Manipulation ? Ah oui, mais ça c’est la PNL de 1ème génération, moi j’en suis à la PNL de 3ème génération. PNL mécaniste ? Oui mais la PNL de 3ème génération est systémique et générative. Et ainsi de suite.

La PNL est depuis des années dans une forme de crise existentielle. Elle a toujours eu beaucoup de difficultés à évoluer sans heurts. Soit elle se referme sur elle-même et devient imperméable à l’évolution dans des domaines tels que la linguistique ou les neurosciences soit elle se donne l’impression d’inventer du neuf alors qu’en fait elle a puisé son inspiration dans d’autres approches et rechigne parfois à citer ses sources.

Comment la PNL s’inscrira dans le courant des progrès scientifiques, techniques et des approches connexes ? Voilà certainement un défi majeur pour la PNL.

Parallèlement à cette évolution de la PNL qu’il formate en trois générations, Robert Dilts semble s’inquiéter d’un critère qui a toujours été un critère primordial dans le processus de création des modèles PNL à côté de la notion d’utilité. C’est celui de simplicité. Cette nouvelle question se résume par la réflexion suivante : « Si tu développes des techniques et des modèles tellement simples que même des idiots pourraient l’utiliser alors des idiots l’utiliseront ». Voilà bien une réflexion autour de laquelle la PNL a slalomé pendant des années. Combien de personnes initiées à la PNL se sont métamorphosées en thérapeute en une nuit de certification ? La faute à qui donc, la faute aux agents de certification qui font miroiter des jours nouveaux à l’aune de démonstrations qui ne doivent leur réussite que de par le contexte dans lequel elles sont exécutées : un cadre de séminaire face à un public conquis à la cause et un sujet docile qui ne voudra inconsciemment pas gâcher le plaisir d’une belle démonstration. A jouer avec le feu de l’approche magique, la PNL fabrique des ailes de cire aux certifiés qui très vite verront de quel bois se chauffe la vraie vie avec ses vrais problèmes.

 

La PNL de 3ème génération de Dilts ne me semble pas être une réponse adéquate à toutes ces questions. En créant ce nouveau concept Dilts stigmatise la PNL et met dans deux boites ses principales lacunes en les caricaturant pour mieux proposer une troisième génération qui serait plus PNL que la PNL mais sans les défauts relégués dans les PNL du passé. Non, la PNL de première génération n’est pas uniquement une approche mécaniste orientée sur les problèmes. C’est peut-être comme cela que les formateurs – dont Dilts fait partie ou a en tout cas qu’il a largement influencé – l’enseignent et on peut reprocher à Grinder et Bandler de n’avoir pas fait grand-chose pour éviter cette dérive, trop occupés qu’ils étaient à se déchirer devant les tribunaux la propriété de la PNL aux œufs d’or. Quant à la PNL de deuxième génération, celle des croyances, elle me semble plutôt marquée par la naissance d’une difficulté majeure de la PNL : la difficulté de maintenir la distinction entre forme et contenu. Et cela ne s’arrange pas avec la PNL de 3ème génération, que du contraire. Dilts aurait tout intérêt à évaluer l’impact qu’aura eu son modèle des niveaux neuro-logiques sur la PNL. La PNL de 3ème génération pousse la PNL dans une fuite en avant en se hâtant d’intégrer des aspects systémiques ou cette notion de champ qui trouve difficilement sa place à côté du classique VAKO (visuel-auditif-kinesthésique) qui a fait les heures de gloire de la PNL de papa.

Que se passe-t-il ? les concepts systémiques sont ils nouveaux ? L’esprit humain vient-il de vivre une soudaine évolution ? Ou bien Robert Dilts vient-il de prendre conscience de ce qu’il pourra faire de tout ce matériel ?

La PNL est la PNL. Ni plus ni moins. Elle a ses défauts, ses qualités, ses défenseurs, ses détracteurs et elle évolue avec ceux qui la vivent. La méta-PNL me semble plus adaptée aux défis de la PNL d’aujourd’hui parce qu’elle ne pousse pas la PNL dans le dos, elle prend le temps de la réflexion au sens du regard qu’elle porte sur elle-même. Et Dilts fait, à sa manière, de la méta-PNL quand il distingue 3 générations. La méta-PNL redonne à la PNL son caractère de méta-discipline ce qui lui permet de ne pas craindre la simplicité. En tant que méta-discipline elle n’est d’aucune utilité aux idiots de la réflexion ci-dessus. Grand bien leur fasse !

En se recentrant sur la modélisation et de manière plus large sur la recherche des patterns des processus tels que celui de la cognition qui est un élément essentiel qui caractérise le fait d’être des êtres vivants, la méta-PNL peut aborder l’avenir l’esprit tranquille et aborder de front ce qui reste son principal challenge : comment intégrer l’évolution des autres disciplines sans perdre son identité ? Un des orateurs du congrès NLPNL 2006 disait en guise de boutade : « La PNL ne copie pas les autres approches elle cross-fertilise ! » ceci par allusion à Gregory Bateson qui prônait la fertilisation croisée qui nourrit une approche par les propriétés d’une autre. Plus sérieusement, toute la question est de savoir comment la PNL évoluera sans se diluer. Dilts a choisit de stratifier la PNL en couches qu’il baptise générations. En optant pour la méta-PNL je marque ma préférence pour inscrire la PNL dans sa dimension de méta-discipline dans une optique d’ouverture et de développement en réseau véritable. Et c’est là que cela risque de coincer.

Si je devais distinguer des générations de la PNL je distinguerais la première génération comme étant une PNL à l’esprit rebelle, provocateur et se développant par l’expérimentation dans une démarche que l’on peut qualifier de scientifique. La deuxième génération PNL a pris le relais en développant le côté show et le côté business avec ses stars et ses groupies. Si la PNL parvient à dépasser ce stade, je serais le premier à me réjouir de la naissance d’une véritable PNL de troisième génération.