Elargir la vision PNL avec la méta-PNL

Cette description est volontairement caricaturale. Je sais pertinemment qu’il est des praticiens flexibles et créatifs, que beaucoup de formateurs ont conservé les qualités inhérentes à l’attitude PNL. Il est également vrai que beaucoup de modèles et techniques sont efficaces et qu’une pratique correcte amène une souplesse d’esprit tout remarquable. Dès lors plutôt que jeter le bébé avec l’eau du bain et de rejeter d’une manière simpliste l’ensemble de l’acquis actuel du domaine de la PNL ou de réinventer l’eau chaude, je propose avec la démarche de la Méta-PNL de remettre à l’avant plan l’attitude PNL. La PNL offre des outils, des grilles extraordinaires; abordons les sous l’angle de la Méta-PNL et élargissons notre regard dans toutes les directions.
Développer des modèles
Une première direction est celle des modèles proprement dits.
Grinder déclarait:
« Créez votre propre code! Jetez les vieux modèles ou du moins trouvez de nouvelles manières de décrire les vieux schémas (patterns) pour les rendre plus transportables, plus faciles à apprendre…Réaliser les mêmes objectifs mais plus simplement qu’auparavant. Trouver les similarités des anciens modèles (codes) – quelles variables se cachent derrière les schémas (patterns). Quelles variables rencontrez-vous systématiquement ? Demandez-vous: comment puis-je faire la même chose autrement ? »
Beaucoup de techniques actuelles de la PNL sont des assemblages de modèles plus anciens. De nouveaux modèles sont développés qui sont de plus en plus complexes ou de plus en plus spécialisés. La quantité de modèles et de techniques augmente à mesure que le nombre de praticiens-développeurs augmente mais les modèles réellement innovateurs sont rares. On peut comparer cette situation au développement de certains jouets, et notamment des très célèbres blocs de construction de la firme Lego qui au début proposait des blocs simples de multiples couleurs et de tailles différentes. Les enfants pouvaient construire et élaborer des montages grâce à leur imagination et leur ingéniosité. Puis Lego a proposé des boîtes de jeu de plus en plus élaborées et de plus spécialisées. Les pièces devenaient spécifiques et n’étaient plus universelles. Telle boîte permet de construire des vaisseaux spatiaux, telle autre des maisons, telle autre représente des animaux ou des objets spécifiques tels que des tasses, du mobilier, etc. Le développement a continué dans ce sens et actuellement la firme danoise commercialise des boîtes de robotique qui ne sont carrément plus à la portée des plus jeunes. La PNL a en quelque sorte suivi une voie équivalente.
La modélisation
La deuxième direction est la modélisation.
On sait peu de choses des travaux de recherche qui ont mené Bandler et Grinder  à définir les premiers modèles de la PNL. La rencontre de Bandler et Grinder s’est faite dans une conjonction d’éléments favorables : un contexte contestataire, un jeune étudiant doué pour l’imitation donnant des formation à la Gestalt, un jeune professeur en linguistique maîtrisant la grammaire transformationnelle de Chomsky le tout dans un climat où toutes les audaces sont permises. Des séances d’expérimentation durant lesquelles des modèles sont testés par des étudiants, la rencontre de personnalités hors du commun tels que Gregory Bateson, Virginia Satir ou Milton H. Erickson sont le terrain fertile de l’éclosion de la PNL. Les 4 premiers livres des co-créateurs sont les marques de cette période extraordinaire. Ils montrent clairement que les premiers travaux n’étaient qu’une tentative d’étendre les concepts de la grammaire transformationnelle au champ de la thérapie en partant de la notion centrale de modèle du monde que nous créons pour interagir avec notre environnement. A partir de nos expériences que nous percevons sensoriellement nous créons nos modèles du monde en faisant appel à trois processus linguistique : l’omission, la distorsion et la généralisation. Le premier modèle qui est développé dans le premier livre (Structure of Magic I) est le méta-modèle du langage pour la thérapie. Il permet de démonter nos modèles du monde en partant de sa structure de surface composée du langage verbal (qui sera dans le tome 2 étendu au non-verbal) pour mettre en évidence la structure profonde qui est notre représentation plus ou moins consciente de tout ou partie de notre expérience (ou structure de référence). La manière d’aborder la pratique thérapeutique est essentiellement basée sur une observation attentive (la calibration) du sujet. Partant de cette observation attentive tant sur le plan verbal que non verbal, le thérapeute peut distinguer ce qui est particulier à l’individu et l’intervention sera focalisée sur ces informations plutôt que sur un modèle d’intervention-type qui serait connue a priori par le thérapeute. Partant du principe que les processus de généralisation, distorsion et omission tendent à appauvrir notre modèle du monde, l’intervention consistera donc à fragiliser ce modèle pour ensuite l’enrichir de nouvelles perspectives qui nous permet d’avoir plus de choix.
Ces premiers développements seront développés en appliquant les principes de la systémique et notamment la notion de rétroaction matérialisée par la boucle composée de l’expression du langage verbal et non-verbal du sujet, de la calibration par le thérapeute, de son intervention, de l’impact de celle-ci sur le sujet qui donne lieu à une nouvelle expression verbale et non verbale et ainsi de suite jusqu’à atteindre l’objectif thérapeutique fixé.
Il s’en est suivi une autre période de développement marquée par des personnalités telles que David Gordon, Robert Dilts, Leslie Cameron-Bandler, Judith Delozier qui a vu la PNL trouver son acronyme et s’enrichir de nouveaux modèles. Progressivement pourtant la dimension business a pris le pas sur la dimension scientifique et les procès entre les deux co-créateurs sont autant de confirmation de la fin du premier âge de la PNL.
Ouverture d’esprit
La troisième direction est l’ouverture d’esprit
La PNL se limite trop à son champ de connaissance actuel. Le développement des sciences cognitives et des techniques corporelles offrent un champ immense de nouveaux développements. La Méta-PNL permet d’adopter une position méta par rapport à la PNL et d’englober dans notre espace de perception les autres approches et courants de pensée. Notons également l’intérêt d’approfondir les paradigmes déjà adoptés par la PNL mais qui méritent d’être approfondis. C’est entre autre ce qu’à fait Michaël Hall avec la sémantique générale de Korzybski.
Attitude
Une autre direction est l’attitude
Cette attitude est sans doute la clé de voûte de la Méta-PNL. Elle est déjà adoptée par ceux qui vivent une PNL ouverte, flexible et ont intégré ses principes dans leur comportement au quotidien. Cette attitude devient avec la Méta-PNL une philosophie, un art de vivre un méta- regard sur notre carte du monde. Construire notre réseau de connaissances de manière souple et dans un processus récursif c’est-à-dire appliquer les modèles sur les modèles, réexaminer les présupposés à la lumière des présupposés et développer ainsi un processus mental dynamique seul a même d’appréhender la complexité. La PNL actuelle manque de congruence quand elle prétend avec des outils rigides nous apprendre à développer notre souplesse. La Méta-PNL veut tendre vers un apprentissage de niveau 3.
Communauté de praticiens
Enfin (et la liste n’est pas exhaustive) une direction non moins intéressante consiste à agir pour sortir la communauté PNL de son train-train. Formateurs, développeurs maîtres et praticiens forment une communauté dont les rôles se figent de plus en plus. Le système tend à devenir une pyramide alimentée par les personnes extérieures qui « entrent en PNL » et viennent grossir les rangs des potentiels clients de séminaires. Ensuite viennent la cohorte des initiés, des praticiens, puis les maîtres-praticiens. Au sommet de cette pyramide on trouve les formateurs qui vivent de la certification et parmi ceux-ci une poignée de développeurs qui évoluent dans un climat hautement concurrentiel et jouent des coudes pour imposer leurs modèles et vision de la PNL.
La Méta-PNL a pour ambition de faire de chaque méta praticien un praticien et un créateur. Pour ce faire la communauté PNL pourrait s’inspirer de la dynamique de l’internet et encourager la circulation d’information. De la même manière que la notion d’open source a permis aux développeurs de contribuer au développement d’un logiciel tels que Linux qui a réussi à ébranler le monopole du géant Microsoft, la Méta-PNL propose de construire une communauté de praticiens-développeurs qui vivent la PNL de manière dynamique et ouverte. Pour ce faire, il est indispensable de contribuer à une circulation maximale de l’information et des modèles et techniques développés. Le principe du copyleft développé par Richard Stalman semble être un moyen tout à fait adéquat pour favoriser la circulation des modèles tout en respectant aux auteurs la paternité de leurs développements. Le terme « copyleft » a été créé sur base d’un habile jeu de mot avec le terme « copyright ». Conçu au départ pour les logiciels informatiques il s’étend progressivement à d’autres domaines. Un modèle développé et protégé par une convention de copyleft reconnaît à son auteur la paternité de sa création et autorise la circulation du modèle moyennant l’obligation de mentionner l’auteur. La personne qui entre en possession d’un modèle protégé par un copyleft s’engage à ne pas empêcher la circulation du modèle. Le modèle peut être modifié ou amélioré et dans ce cas le nom des auteurs des modifications est ajouté au nom du premier auteur et le modèle dérivé ainsi créé doit être placé sous la protection copyleft. Le modèle protégé par le copyleft est un modèle libre c’est-à-dire un modèle que l’on ne peut empêcher de circuler. Mais libre ne veut pas dire gratuit. La formation à un modèle, la publication d’un livre ou de cassettes videos ou audios peuvent donner lieu à paiement.

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