Le terme « Méta »

Le terme Méta signifie « à propos de ». Il induit un regard de la chose sur elle-même. Ainsi un méta-langage est un langage qui a pour sujet le langage, une méta-communication est une communication à propos de la communication. Par exemple dans une conversation une personne A parle avec une personne B. Ils devisent à propos du temps qu’il fait. A un moment donné la personne A dit « tu ne trouves pas que cette discussion est vide de sens, ne pourrait- on pas parler d’autre chose ? ». Par cette réflexion elle vient de changer de niveau logique. Elle ne parle plus de la météo mais bien de la conversation à propos de la météo. On parlera de méta-communication c’est à dire d’une communication à propos de la communication. C’est à Gregory Bateson que l’on doit d’avoir appliqué le concept de niveau logique à la communication et à la vie en général.
Les notions de niveau et de type logique ont été définies au début du vingtième siècle par Russel dans son ouvrage de référence « Principia Mathematica » et sont liées au concept de classe et de classification. Un ensemble d’éléments ayant des caractéristiques communes peuvent être rassemblés pour former une classe d’éléments partageant les mêmes caractéristiques. Ainsi, si j’observe les chats dans mon entourage je peux leur distinguer des caractéristiques communes qu’ils ne partagent pas avec les chiens de mon quartier. Je crée ainsi la classe des chats. Mais cette classe des chats n’est pas un chat. Si le chat roux de mon voisin miaule et grimpe souplement dans les arbres, je ne peux pas en dire autant de la classe des chats. La classe des éléments ainsi formée est d’une type logique différent de celui des éléments proprement dit.
Russel exclut explicitement qu’une classe soit membre d’elle-même. Ainsi le mot chat n’est- il pas un chat et le mot rouge n’est pas rouge. Le mot qui décrit une chose n’est pas cette chose. Confondre les deux revient, dans un restaurant, à manger la carte du menu au lieu du menu lui- même !. C’est ce que pensait Korzybski quand il écrit son fameux « la carte n’est pas le territoire ».
Le monde des mathématiques et de la logique nous invite à mener le raisonnement de Russel plus loin. Si une classe ne peut être membre d’elle-même peut-on dire qu’elle appartient à la classe de ses non-membres. Ainsi la classe des chats, qui n’est pas un chat peut-elle faire partie de la classe des non-chats au même titre qu’une voiture, une télévision, etc. Russel rejette cette option également et déclare qu’une classe ne peut être membre de sa non-classe. Dans l’exemple de la classe des chats, cette classe ne peut donc être rangée dans la classe des non- chats.
La notion de classe définit ainsi un niveau logique supérieur par rapport à ses éléments. L’apport de Russel est donc de créer cette distinction de niveau qui permet d’éviter le paradoxe du Crétois qui déclare que tous les Crétois sont menteurs.
Gregory Bateson partira des concepts définis par Russel dans l’univers des mathématiques et de la logique et les appliquera au monde du vivant et plus particulièrement à la communication et à l’apprentissage. Il distinguera ainsi dans la communication le message proprement dit du message à propos du message. Un animal qui joue peut simuler le comportement d’agression. L’animal qui lui fait face distinguera le cadre ludique et ne se sentira pas menacé. Cette communication à propos de la communication, ou méta-communication trace un cadre qui influence le sens de la communication proprement dite. Ce niveau influence et inclut le niveau de la communication.
Le terme de niveau de communication peut prêter à confusion. En effet il induit une métaphore spatiale qui place le méta-niveau au-dessus du niveau de base alors qu’en réalité il l’inclut. En incluant le niveau de communication de base, le méta-niveau l’influence et le transcende. En effet, de nouvelles propriétés peuvent émerger qui diffèrent radicalement de celles du niveau de départ. L’image des poupées russes qui s’emboitent les unes dans les autres est sans doute plus adéquate que la métaphore des niveaux. La hiérarchie ainsi formée est une « hiérarchie naturelle » qui diffère considérablement du concept de hiérarchie de classes logiques étudiée par Russel et Whitehead.
Revenons maintenant au terme « méta ». Ce terme issu du grec signifie au départ après, au-delà de (cfr le livre d’Aristote sur la métaphysique qui suivait directement celui sur la physique) est actuellement utilisé pour évoquer l’auto-référence. Langage et méta-langage ou langage à propos du langage,  signal et méta-signal ou signal à propos d’un signal,…
Dans le domaine de la PNL, le terme méta désigne une position qui consiste à se détacher d’une expérience, à s’en dissocier pour créer une nouvelle expérience qui celle d’observer son expérience. On crée donc une nouvelle expérience qui englobe l’expérience initiale. Cette expérience nouvelle a pour effet de transformer l’expérience de départ. Michael Hall a enrichit cette expérience méta pour créer le modèle des méta-états.

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