Le niveau de l’identité n’existe pas

(publié initialement en 1997 sur le site de l’Atelier PNL)

Identité mythe ou réalité ?

réflexions après un séminaire de PNL

Je dédicace cette page à Robert Dilts que j’ai eu la chance de rencontrer pour la première fois en 1997 à Bruxelles à l’occasion de son séminaire « identité et changement évolutionnaire ». Les commentaires ci-dessous ne sont pas une synthèse du séminaire, ce sont des considérations personnelles suite au séminaire … avec un brin d’humour et un zeste de provocation.

Christian Vanhenten, Bruxelles, juin 1997

Les niveaux logiques définis par Robert Dilts sur base des niveaux logiques définis par Bateson semble accepté par tous. Les remettre en question serait sortir du troupeau des inconditionnels et pourtant j’ai la faiblesse de penser que Robert lui-même n’apprécierait pas l’idée que l’on avale les modèles qu’il nous propose comme du pain béni. Que du contraire, s’interroger sur la pertinence d’un modèle c’est le confronter avec la réalité, la réalité de notre expérience subjective en tout cas.

C’est ainsi que l’envie me prend de proposer au lecteur de se pencher quelque peu sur ce fameux niveau 5 de la pyramide des niveaux logiques et que j’oserai prétendre en guise de provocation (qui n’a pour seul but que d’aiguiser votre appétit intellectuel et vous inviter à déguster plus avant ces quelques lignes) que

« Le niveau logique correspondant à l’identité n’existe pas « 

Incroyable idiotie, ineptie , sacrilège peut-être. Voilà les cris que d’aucuns pousseront en lisant cette affirmation….

… A ceux qui reste merci pour votre patience , on continue..

Je disais donc que le niveau de l’identité n’existe pas. Mais voyons bien sur qu’il existe, sinon que serions nous?

Et oui que sommes nous ?

Un système faisant partie d’un système plus vaste auquel nous sommes reliés (bonjour le niveau logique n°6).

Un système qui a ses limites, ses frontières qui permet de le distinguer de son environnement (bonjour niveau n°1).

Déjà là je vous arrête. Nos limites qu’elles sont-elles? Notre corps physique ou peut-être doit on aborder cette question sous un angle plus vaste et parler de corps astral, ou autre corps spirituel ?

Ceci sur un plan plus ésotérique mais on pourrait aussi parler de l’être humain et de ses limites élargies à ses réalisations. Pensons aux artistes, aux grands auteurs. Platon est-ce l’homme ou est-ce son œuvre? Penser que Platon c’est les deux ne paraît pas si ridicule qu’il n’y paraît.

Vient alors la réflexion irrépressible: « mais je sais que je suis un homme, que je suis …. (compléter vous même).

Et oui belles croyances que cela car comme le dit Robert Dilts l’identité plus on la définit moins on l’approche, et comme il se plaît à le répéter le plus important quand on cherche à savoir ce qu’est l’identité n’est pas la réponse mais bien la question.

Si l’on se débarrasse de nos ego multi-couches, de nos définitions de nos identités en terme de vœux pieux (je veux être un homme libre ouvert, un guide, un ami, ….) que reste-t-il ?

Et bien oui mon bon monsieur pas grand chose sinon un amas de croyances.

Car c’est là que je veux en venir.

Et si le niveau d’identité n’existait pas?

Et si ce n’était simplement que l’ensemble de nos croyances les plus vitales, les plus inconscientes, les plus fondamentales. Vous savez ces croyances dont nous ne pouvons même pas imaginer que l’on pourrait oser penser y renoncer tant elles nous collent à la peau.

Et si ce niveau logique de l’identité n’était simplement qu’une couche d’épaisseur nulle, une enveloppe virtuelle un contenant de nos croyance de nos valeurs, de nos stratégies et de nos comportements.

En partant de cette hypothèse on imagine aisément que l’on ne puisse développer de techniques d’intervention sur l’identité. Seul un travail délicat et en profondeur sur nos croyances les plus ‘identitaires ‘ n’est envisageable.

On comprend aisément pourquoi il est impossible de définir notre identité autrement que par un ensemble de croyances, ou d’en tracer les contours (tiens les contours, quand on parle d’enveloppe!) par le biais de métaphores.

Et puis l’identité, c’est quoi au juste?

D’aucuns diront: c’est ce qui reste quand tout le reste change.

Robert définit l’identité comme un potentiel qui n’est limité dans sa réalisation que par les niveaux logiques qui lui sont inférieurs: nos croyances mais également valeurs, stratégies comportements et environnement.

Une balle de mousse comprimée

Notre identité se serait donc comme une balle de mousse que nous comprimerions pour la faire entrer dans une boîte plus exiguë. Dans cette boîte il lui serait impossible de prendre son volume, son ampleur.

En travaillant sur les limitations des niveaux inférieurs on travaillerait sur la forme de la boîte. La forme intérieure s’en verrait ainsi changée ce qui permettrait à la balle de mousse de s’épanouir d’une nouvelle façon.

Mais il n’est pas (encore?) possible de travailler sur la balle de mousse. Elle n’est que potentiel et un potentiel n’est pas réalisé, c’est-à-dire pas réel. Nous pouvons imaginer qu’elle forme aurait cette balle sans les limites de la boîte mais nous plongeons alors dans l’imaginaire.

Ce potentiel, cette balle de mousse n’est-elle pas simplement une partie de ce que l’on placerait dans le niveau logique n°6, celui de la spiritualité de cette vaste énergie dont nous sommes issus.

L’identité ne serait alors que la limite séparant cette balle de mousse des autres balles de mousse de l’univers?

Avouez que la question méritait que le lecteur s’attarde jusqu’à une ligne aussi tardive de cette page.

Autre petite considération.

S’il est courant de définir l’identité comme étant ce qui reste lorsque tout à changé comment comprendre la notion de changement évolutionnaire défini par Robert Dilts comme une évolution de notre identité. Bien sur l’idée est tentante et plus que séduisante pour nous tous, adeptes du développement personnel.

Mais avouez qu’il y a de quoi s’interroger sur ce paradoxe de cette chose qui est par essence la stabilité et que nous voudrions voir évoluer. En somme ce n’est que le contraire de la très célèbre ‘plus ça change plus c’est la même chose’ chère à Watzlawick.

Peut-être devons nous également nous interroger sur une notion de rythme de changement à l’image des cycles chers aux économistes (cycles d’un jour, d’un mois d’un an ou plus pour tout ce qui change en nous et cycle d’une vie pour ce qui est de notre identité)

Mais il sans doute plus simple d’aborder ce paradoxe en revenant à la métaphore de cette balle dans sa boîte: et traduire changement évolutionnaire par ‘aménagement du volume intérieur de la boîte’.

Dès lors notre identité peut-être vue comme le volume interne de cette boîte. Ce volume interne n’étant que l’espace dans lequel notre balle de mousse peut se dilater jusqu’à toucher les parois. Il nous reste alors à travailler sur cette paroi en bois multi-couches qui se compose de nos croyances les plus profondes jusqu’à nos comportements en passant par nos capacités ou nos stratégies. La boîte étant, ne l’oubliant pas, placée dans un environnement qui n’est neutre pour notre balle de mousse (pensons à la pression atmosphérique au taux d’humidité par exemple).

Que ces réflexions vous inspirent quelque décharges synaptiques bien agréables et surtout vous incitent à me faire part de votre réaction

(c) juin 1997 Christian Vanhenten

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